N°6 Juin 2003
Editorial : La mer, éternelle rapporteuse
Lexpérience
menée en Novembre 2002 par lassociation Aquacaux
(Seine-maritime) de bouteilles jetées en mer apporte
une fois de plus la preuve que celles-ci peuvent dériver
très loin.
Jetées en baie de Seine, certaines dentre elles ont
été récemment retrouvées sur les côtes
hollandaises et même dans lembouchure de la Tamise.
Les exemples de déchets marins surgissant de nulle part sont
nombreux. Lactualité nous le rappelle hélas
depuis plusieurs mois, avec les naufrages successifs de pétroliers
et chimiquiers à proximité du littoral français.
Sans compter les « dégazages » frauduleux de
navires, que lon suppute a posteriori, après la découverte
soudaine dune plage souillée, ou dune nappe dhydrocarbure
isolée.
En conclusion, ne cachez rien à la mer, car un jour ou lautre
elle dira tout !
Rappel des nouveautés
du site :
Informations pratiques :
Page Somergie : portrait
dun collaborateur à la sensibilité environnementale
aguerrie, récemment arrivé chez Somergie.
Ici et dans le monde :
À la page zoom
sur un pays : un constat accablant sur la pollution au pied
de lEverest (Népal). Décidément, même
les zones les plus difficiles daccès de notre planète
sont victimes de la négligence humaine.
Avec les enfants :
Page l école
et le recyclage : plusieurs écoles ont expérimenté
le forum de Somergie,
pour échanger leurs idées sur le thème du recyclage.
Voilà un nouvel axe de communication et de sensibilisation
sur la problématique environnementale. Expérience
concluante, qui nappelle quà être reproduite.
Regard sur lactualité : Emballage
quand tu nous tiens !
« Pour leau minérale, limportant cest
la bouteille ». Tel est le titre dun article paru dans
le quotidien Le Monde, illustrant très schématiquement
linteraction produit-emballage. Pour donner toute sa dimension
à la problématique de lemballage, rappelons
pour mémoire que les emballages (hors verre) représentent
environ 40 % du poids de nos déchets ménagers.
Établissons dabord deux constats :
- Plus personne nest aujourdhui étonné
quun produit soit livré dans un emballage. Cest
un principe acquis, qui lorsquil nest pas respecté,
surprend - voire est interprété comme un manque de
considération à légard du consommateur
- ou encore suscite la méfiance. Qui accepterait aujourdhui
dacheter un saucisson ou bien un savon non emballé
? Cela passe encore, dans le contexte dun marché traditionnel
de village, jouant sur lauthenticité des produits.
Mais il sagit là dune exception. Cela démontre
toutefois quil suffit que lhomme retourne à ces
origines la terre pour quil se délivre
de ce type de contrainte matérielle.
- Initialement destiné à la protection du produit,
lemballage devient de plus en plus un outil de communication,
un argument de vente. Lassociation produit-emballage devient
si forte quelle ne peut plus être remise en cause, sous
peine de brouiller limage du produit en question, dans lesprit
du consommateur, et donc de faire chuter les ventes.
La place grandissante prise par la fonction marketing dans lactivité
commerciale ne fait que renforcer la place et le statut prépondérant
de lemballage. On observe ainsi deux phénomènes
nouveaux :
- Le développement du caractère fonctionnel de lemballage.
De plus en plus, celui-ci tente dapporter un service au client
: facilité de transport (cas des packs de boissons : lait,
bière, eau,
) ; prolongement de la fonctionnalité
du produit (cas des produits dentretien vendu en spray : les
flacons lave-vitre sont munis dun pistolet permettant la projection
du liquide sur le support à nettoyer. Le temps est révolu
où il fallait imbiber le torchon pour nettoyer la vitre).
- La poursuite de la segmentation des marchés, avec lémergence
de nouvelles possibilités : le segment des juniors, celui
des seniors. Chacun deux a ses propres spécificités
et habitudes de consommation :produits au format réduit tenant
dans la poche (jus de fruit, compote) pour les jeunes ; emballages
allégés afin daméliorer la maniabilité
du produit (bouteilles deau, barils de lessive) plus spécialement
conçus pour les personnes âgées .
Daprès la revue Emballages Magazine, plus de 70 % des
modifications sur les produits de grande consommation existants
concernent exclusivement le conditionnement (changement de la matière)
et/ou le design du packaging (changement de la forme).
Conclusion :
Il apparaît progressivement que lemballage et le produit
ne font plus quun, ce qui rend plus en plus difficile dagir
pour une réduction du nombre et du volume demballages.
À moins de remettre en cause la société de
consommation, cette tendance semble quasiment impossible à
inverser.
Néanmoins, 3 actions se profilent :
- Travailler sur une réduction toujours plus forte de la
quantité de matière utilisée. Il y a toutefois
une limite physique à cet exercice.
- Développer lutilisation de matières biodégradables.
La technique nest pas encore parfaitement au point. En outre,
elle risque de renforcer le problème de la pollution plus
en amont, cest-à-dire au niveau de lagriculture
(voir notre article « LOdyssée Végétale
de tous les espoirs » dans la Lettre Mensuelle de janvier)
- Développer lutilisation des éco-recharges
qui sont généralement recyclables et qui permettent
de limiter la production de déchets. Dans certains pays,
les sur-emballages sont supprimés : par exemple, lemballage
carton des tubes de dentifrice ou lemballage carton entourant
les pots de yaourt.
À quand le retour à la terre ?
Les petits secrets du Tri
(le saviez-vous ?) : Offrez une 2ème vie à votre papier,
avant le recyclage ultime
Les offres dabonnement à des magazines et autres courriers
personnalisés se sont multipliés depuis quelques années,
avec la généralisation des mailings publicitaires.
Que de papier consommé, dont parfois le verso est encore
vierge ! Cette face peut être utilement réemployée
pour y inscrire des annotations de nature courante : liste de courses,
messages téléphoniques, ou autres informations momentanées.
Enfin, pour les étudiants affairés à des travaux
informatiques, sachez que les imprimantes ne refusent en rien les
feuilles déjà imprimées sur une face. Il est
donc possible de les réutiliser comme « brouillon »,
avant de sortir la version finale de votre travail sur un papier
de première utilisation.
Après usage, vos papiers pourront alors aspirer à
un recyclage
bien mérité !
Xavier HEUDE
Pour
lire la lettre de janvier
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