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: Un an déjà !


Cette Lettre se veut être un recueil d'idées nouvelles et pragmatiques. Vous y trouvez chaque mois un thème de fond exposant une des grandes tendances observées dans le domaine des déchets. Si l'individu perçoit peu de changement dans les modalités de tri à son niveau, les méthodes de traitement des matières collectées connaissent par contre des modifications plus radicales, au gré des nouvelles réglementations et des débouchés sur le marché.

A l'opposé d'une lettre d'actualités traditionnelle (de type Newsletter), la Lettre Mensuelle adopte donc une démarche plutôt didactique, visant à éveiller l'attention du lecteur sur la proximité entre modes de consommation et déchets, recyclage et environnement. Elle tend à promouvoir un tri réfléchi, sur base d'enjeux compris par tous.
Elle conforte ainsi les engagements que notre Site s'est fixés : s'informer, mais avant tout comprendre.

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Vers une spécialisation accrue des filières de déchets

Produits complexes


Le monde du recyclage serait-il perpétuellement sous pression ? Il faut reconnaître qu'il est soumis à la nécessité de suivre l'évolution accélérée des produits de grande consommation, sous peine de voir s'accumuler des montagnes de déchets non traités.
Rappelons que les premières initiatives de recyclage datent des années '70 avec le verre. Suivirent le papier et le carton, puis le plastique (PVC et PET pour l'essentiel). Les produits à collecter et recycler étaient simples du point de vue technique : bouteilles, journaux et magazines, cartons d'emballage.
L'automobile, les appareils électroniques de loisir, l'électro-ménager étaient déjà bien présents dans les foyers, mais leur élimination en fin de vie ne semblait pas être une préoccupation de premier ordre. La priorité était alors à l'équipement des ménages. Depuis lors, les technologies n'ont cessé d'envahir notre environnement proche - dans le but toujours recherché de faciliter notre vie quotidienne - à tel point que des articles et produits de base sont même devenus complexes dans leur conception. Cela réduit d'autant leur facilité, voire possibilité de recyclage. Citons par exemple : les emballages multi-couches (type Tetrapack), les flacons en plastique dont l'embout est muni d'un tampon applicateur (cas particulièrement fréquent dans les produits de cirage pour chaussures).

Très logiquement, les filières de recyclage doivent donc en permanence s'adapter aux habitudes de consommation des individus. On a ainsi assisté au cours de ces 10 dernières années à deux grandes évolutions majeures :
- la miniaturisation des produits, provenant pour une part du conditionnement à l'unité de produits autrefois vendus en plus grandes quantité (il s'agit là du principe des produits nomades, visant une clientèle de consommateurs de plus en plus mobiles), et résultant pour une autre part des progrès technologiques.
- Le déferlante des NTIC (nouvelles technologies de l'information et de la communication) qui ne fait que débuter, trouvant une déclinaison dans un nombre grandissant de produits et services de la vie courante (automobile, domotique, téléphonie mobile, …).


A la charge du producteur


Au fur et à mesure que l'électronique pénètre dans notre environnement personnel, les défis du recyclage s'accroissent : quelle solution pour le traitement de ces futurs déchets ? A quel coût ?
L'activité de traitement des déchets s'organise donc de plus en plus par filières produits et non plus par filières de matériau, tant les procédés de séparation ou d'extraction d'une matière diffèrent d'un produit à l'autre. Par exemple, si les piles et les circuits électroniques partagent certaines matières communes (tel que le mercure ou le cadmium), les techniques de traitement de ces deux types de déchets sont totalement différentes, ce qui justifie la création de deux filières distinctes.

Le point commun entre ces deux familles de produits cités en exemple est le coût exorbitant de leur retraitement.
Le défi du recyclage n'est donc pas seulement technologique, mais également financier (ce qui va généralement de pair).
S'il paraît aujourd'hui aisément faisable de confier le pré-tri de papiers et de cartons à une quelconque entreprise disposant d'un tapis de tri, il n'en est pas de même pour la récupération de matières toxiques ou à haute valeur ajoutée. Les investissements en équipements et la qualification de la main-d'œuvre sont d'un autre ordre de grandeur.
Par conséquent, la collectivité semble de moins en moins capable d'assumer de pareilles dépenses, sauf à accroître de manière significative les taxes à la charge des contribuables. Cela justifie donc aujourd'hui le transfert de la responsabilité du recyclage vers les fabricants. Tel en est-il avec les DEEE (déchets d'équipements électriques et électroniques), dont la directive européenne entrera en application à partir de 2005, les médicaments, les piles, ou encore les pneus …

Cependant, les fabricants finissent ou finiront par répercuter au moins une partie de la facture de ces traitements sur le prix de vente au consommateur.
Aurait-on oublié qu'après l'abandon de tout produit, il reste encore un déchet à traiter?

 

Un recyclage exemplaire … qui fait tâche d'encre


Depuis plusieurs années déjà, les cartouches d'imprimantes laser font l'objet d'un rechargement en encre, après nettoyage de la carcasse. Elles sont revendues via différents distributeurs de matériel bureautique, pour un second emploi.
Plus récemment, le recyclage s'est étendu aux cartouches d'imprimantes à jet d'encre, type de matériel largement répandu dans les foyers. Suivant le même principe, un démontage a lieu avant rechargement de la cartouche. La plupart des marques de cartouches peuvent être recyclées (HP, Canon, Lexmark, Brother, Epson, …), ce qui couvre environ 90 % du parc d'imprimantes à jet d'encre. La qualité d'impression est identique à celle obtenue avec des cartouches neuves, pour un prix d'achat très nettement inférieur.
Voilà donc un bel exemple d'optimisation de la durée de vie d'un produit !
A défaut d'un système de collecte standardisé, il est possible de déposer les cartouches usagées dans les déchetteries.

 

Xavier HEUDE

 

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